La France interdira les sachets de nicotine à partir de mars 2026
La France s’apprête à interdire les sachets de nicotine, désignés dans un nouveau décret comme des « produits à usage oral contenant de la nicotine, » dans une mesure importante visant à lutter contre la popularité croissante de ces produits, en particulier chez les jeunes. Le décret, publié le 6 septembre, interdira la fabrication, la vente, le transport, l’importation, l’exportation et la consommation de ces produits en France, l’interdiction entrant pleinement en vigueur six mois après sa publication, le 1er mars 2026 .
Le gouvernement français justifie l’interdiction en classant la nicotine comme une « substance vénéneuse » qui ne peut être utilisée ou commercialisée que dans des conditions spécifiques et réglementées, comme dans les produits du tabac autorisés, les produits de vapotage, ou les produits médicaux. La nouvelle interdiction cible tous les produits manufacturés, qu’ils soient fabriqués à partir de nicotine synthétique ou naturelle, destinés à la consommation humaine par ingestion ou absorption. Toutefois, l’interdiction prévoit des exemptions pour les « tabacs à chiquer, » les médicaments et dispositifs médicaux réglementés tels que les patchs de nicotine, et les denrées alimentaires contenant naturellement de la nicotine (comme les aubergines, les tomates et les pommes de terre). Le ministère de la Santé peut également accorder des dérogations à des fins de recherche.
Le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) a salué le décret, le qualifiant de « réponse indispensable » à la prolifération rapide des sachets de nicotine, apparus en France fin 2022. Le CNCT a déclaré : « Leur format discret, leurs arômes sucrés et fruités, ainsi que leur marketing offensif, en font des produits particulièrement attractifs pour les adolescents et les jeunes adultes. » Le comité a également souligné que les centres antipoison ont signalé plusieurs cas d’intoxication, renforçant les préoccupations des autorités sanitaires.
Cette inquiétude est étayée par une alerte de 2023 de l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’environnement (ANSES), qui a noté que la majorité des personnes intoxiquées par des sachets de nicotine ou de snus étaient âgées de 12 à 17 ans. Ces adolescents ont présenté des syndromes nicotiniques aigus parfois graves, notamment des vomissements prolongés, des convulsions et des pertes de conscience. Une étude de 2024 menée par le CNCT et « 60 Millions de Consommateurs » aurait également révélé la présence de plomb et d’arsenic dans certains sachets de nicotine.
Cependant, l’interdiction a été accueillie avec déception par l’industrie. Norbert Neuwy, fondateur de l’entreprise Nicoswitch, a déclaré au « Monde du Tabac » qu’il regrette la décision d’écarter un outil de réduction des risques qui s’est avéré efficace dans des pays comme la Suède, où les sachets de nicotine contribuent à un objectif de « monde sans tabac ». « Au lieu d’interdire, il serait tout à fait possible de réglementer la vente de ces produits avec une réglementation adaptée, garantissant la sécurité des consommateurs et générant même des recettes fiscales pour l’État, » a argumenté Neuwy.
Tout en saluant l’interdiction, le CNCT a également émis une mise en garde concernant son application, insistant sur le fait que l’interdiction doit être pleinement respectée. « L’expérience de l’interdiction des cigarettes électroniques jetables, les ‘puffs,’ qui sont toujours disponibles malgré la loi, montre que l’efficacité des mesures dépend avant tout de la fermeté des contrôles et de la sévérité des sanctions, » a déclaré le comité.
- Source de l’information: Les sachets de nicotine enfin interdits
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